40% des terres pourraient être arides d’ici 2100 affirme une étude
La surface des terres arides, déjà immense, pourrait gagner 2,37 millions de kilomètres carrés d’ici 2100. Selon une récente étude chinoise, on se dirige vers une planète où la soif et la sécheresse domineront près de 40 % des terres émergées. Une projection qui force à repenser nos ressources et notre avenir collectif.
À retenir
- Les zones arides couvrent déjà 38,58% des terres et pourraient atteindre près de 40% en 2100.
- L’index d’aridité (<0,65) et l’effet du CO2 sur les stomates expliquent les nouvelles projections plus modérées.
- L’expansion aride menace ressources en eau, biodiversité et exige adaptation agricole et gestion urbaine.
Le spectre de l’aridité progresse : quels territoires menacés ?
On vit déjà avec des paysages où l’eau se fait rare : l’Australie et la Chine affichent de vastes zones arides, tandis que l’Algérie, la Libye ou l’Arabie saoudite cumulent des régions hyper-arides, de véritables déserts. Selon l’observation menée de 1994 à 2023, ces espaces couvrent aujourd’hui 38,58 % de la surface terrestre.
La tendance ne va pas s’inverser. À l’horizon 2100, les zones arides pourraient recouvrir entre 39,31 % et 40,28 % de la planète. Le total gagne du terrain, surtout dans les régions semi-arides – là où l’on ne voit pas encore de sable à perte de vue, mais où la pénurie d’eau s’enracine. Les chercheurs prévoient une augmentation nette, soit plus de deux millions de kilomètres carrés supplémentaires sous la menace directe de l’assèchement.
Index d’aridité : la science derrière le constat
Définir une zone aride ne se fait pas à l'œil nu. On utilise l’index d’aridité : le rapport entre les précipitations annuelles et le potentiel d’évapotranspiration des plantes. Dès que l’index descend sous 0,65, le climat bascule dans l’aridité. Quatre types majeurs existent :
- Zones hyper-arides : déserts purs, notamment en Algérie, Libye et Arabie saoudite
- Terres arides : vastes plateaux semi-désertiques
- Sous-régions subhumides sèches : transition entre savane et désert
- Terres semi-arides : le type le plus répandu
Jusqu’ici, le débat n’a jamais cessé sur la méthode de calcul. L’innovation de l’équipe chinoise consiste à tenir compte de l’effet du CO2 sur la physiologie des plantes : en effet, lorsque la concentration de CO2 augmente, les plantes ferment partiellement leurs stomates (les petits pores chargés de la respiration végétale). Cette fermeture limite les pertes d’eau par évapotranspiration, atténuant légèrement l’expansion aride.
Sans tenir compte de ce mécanisme de défense végétale, les anciennes estimations tablaient sur 56 % de la planète en zones arides en 2100, un chiffre nettement supérieur aux nouvelles projections.
Conséquences : eau rare, écosystèmes fragiles et développement en jeu
Le constat est implacable : l’expansion des zones arides mettra à rude épreuve nos ressources en eau et fragilisera de nombreux écosystèmes déjà sous tension. Une terre plus sèche, c’est aussi une biodiversité menacée et une accentuation des risques de désertification.
Les chercheurs préviennent : « L’expansion des zones arides sur des régions humides pourrait aggraver les pénuries d’eau, la dégradation des écosystèmes et la désertification, ce qui posera des défis pour le développement durable. »
À ce rythme, certains territoires devront adapter très vite leurs pratiques agricoles, leur gestion de l’eau et même leur urbanisation. Ce basculement accélère partout les débats sur la résilience de nos sociétés face à ces nouvelles contraintes.
FAQ - Questions fréquentes
Selon l’étude citée, l’augmentation des terres arides résulte de tendances climatiques observées entre 1994 et 2023 et de projections futures montrant un assèchement progressif, surtout en zones semi-arides. Les chercheurs estiment une hausse nette de plus de 2,37 millions de km², portant la part des terres arides à près de 40 % des terres émergées si les dynamiques actuelles se poursuivent.
L’index d’aridité compare les précipitations annuelles au potentiel d’évapotranspiration des plantes ; quand ce rapport tombe sous 0,65, le climat est classé comme aride. Quatre catégories distinctes (hyper-arides, arides, sous-régions subhumides sèches et semi-arides) permettent de caractériser la gravité et la transition des paysages vers l’aridité.
L’équipe chinoise intègre l’effet du CO2 sur la physiologie des plantes : une hausse de CO2 provoque la fermeture partielle des stomates, réduisant l’évapotranspiration et atténuant ainsi l’expansion aride. En tenant compte de ce mécanisme végétal, les nouvelles estimations restent bien en dessous des anciennes projections qui tablaient sur 56 % de terres arides en 2100.
L’expansion des zones arides menace les ressources en eau, fragilise des écosystèmes et accroît les risques de désertification, mettant en jeu la biodiversité et le développement durable. Les chercheurs soulignent que la transformation de régions humides en zones plus sèches aggravera les pénuries d’eau et la dégradation écologique, exigeant des adaptations en agriculture, gestion de l’eau et urbanisation.
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